BP 8553 Ngoa-Ekélé Yaoundé Cameroun
(237)699 488 670

Contexte

1. Un monde en pleine mutation

Pendant 5000 ans, l’agriculture était le moteur de notre développement économique. Avec l’avènement de la révolution industrielle il y a 150 ans, les pays qui ont compris l’importance de la science et de la technologie ont assuré l’éducation de leurs populations et adopté des techniques de pointe, et se sont davantage enrichis beaucoup plus vite que ceux qui ne l’avaient pas fait. La différence entre les produits fabriqués dans les pays riches et ceux fabriqués dans les pays pauvres s’est fortement accentuée. Au cours des deux dernières décennies, la révolution numérique est devenue la force motrice d’une économie basée sur la connaissance et l’alphabet numérique est aujourd’hui la langue dominante dans le monde.

2. La révolution du vingt et unième siècle

Notre planète et notre langage sont une fois de plus sur le point de changer en raison de la mise au point de la nanotechnologie. L’ordinateur fonctionne avec un code de deux lettres basé sur 1 et 0. Mais tous les processus de vie sont déterminés par le langage génétique représenté par un code de quatre lettres, ATCG. Changer ce code, tout comme changer le code sur une disquette ou un CD, changerait le message, le produit et le résultat. Par exemple, la substitution d’une seule lettre peut causer un cancer ou endommager les hémoglobines chez l’être humain.

Avec les révolutions numériques et génétiques qui annoncent la révolution moléculaire, les personnes qui comprennent la langue dominante, c’est-à-dire l’alphabet génétique, vivront probablement en meilleure santé, plus longtemps, et seront plus riches. Certaines des plus grandes entreprises de la planète telles que Monsanto, Dupont, Novartis et GlaxoSmithKline ont entrepris des recherches sur les sciences de la vie. Même les entreprises fabricant les produits cosmétiques s’attachent les services de biologistes moléculaires.

3. Les deux options (preuve de l’importance de l’éducation)

Il y a 50 ans, le Cameroun, le Ghana et l’Ouganda d’une part, et Singapour, la Corée du Sud et Taiwan d’autre part, étaient des pays pauvres avec un niveau de développement comparable. Ils avaient deux options : rester pauvres ou assurer l’éducation de leurs populations. Les trois pays asiatiques ont prioritairement investi dans leurs populations, ont assuré la promotion de la compétitivité, de la maîtrise de la science, de l’utilisation des connaissances scientifiques et du langage numérique, de l’économie basée sur les connaissances, de la stabilité politique et économique, des réseaux et de l’attraction des cerveaux.

Dans les pays africains, le développement économique est resté basé sur les ressources naturelles et ces pays doivent aujourd’hui, à cause de leur croissance démographique, produire toujours plus pour garantir le même revenu par tête d’habitant qu’il y a 50 ans. En conséquence, la différence entre le groupe de Singapour et le groupe du Cameroun se traduit actuellement par un rapport de plusieurs centaines contre un.

4. Les enseignements

Pour réduire la pauvreté en Afrique en général et au Cameroun en particulier, il est nécessaire d’investir prioritairement dans l’éducation des populations, de relever le niveau d’intelligence des nouvelles générations et de promouvoir les réseaux et l’utilisation des nouvelles connaissances. Comme l’avait dit Winston Churchill, les empires du future sont les empires des connaissances.